13 mars 2008
Fin et Suite
Vous avez aimé lire ce blog ? Alors réjouissez-vous, l'aventure continue sur une autre plateforme. N'oubliez pas de mettre vos liens à jour !
Les articles déjà postés seront transférés progressivement. Il est possible que certaines rubriques soit enrichies de façon hebdomadaire. Le mercredi et le dimanche pourraient réserver de nouvelles découvertes dans un avenir proche.
14 février 2008
William Butler Yeats (1865 – 1939)
Il fallait bien que j’en parle un jour,
puisque je suis toujours à vous rabattre les oreilles avec sa poésie (même et
surtout quand j’ai bu un coup de trop). Yeats est, à ma grande surprise, assez
mal connu en France. Disons que son œuvre se résume trop souvent au Crépuscule
celtique et à son poème He whishes for the clothes of Heavens, parce
que cité dans Equilibrium.
Yeats donc, est né le 13 juin 1865 à Sandymouht (à côté de Dublin) dans une famille protestante. Il est l'aîné de six enfants. Son père, John Butler Yeats, est peintre et décide d'aller étudier la peinture aux Beaux-Arts de Londres. Toute la famille déménage dans un appartement qu'occupera plus tard Sylvia Plath. En 1872, la mère et les enfants retournent vivre à Sligo, brièvement puisqu'ils re-déménageront en Angleterre deux ans plus tard.
Il commence ses études en 1881 à Dublin, études qui ne furent pas particulièrement brillantes semble-t'il. Par la suite, il étudiera les Beaux-Arts, comme son père (mais à Dublin). C'est aux alentours de cette époque qu'il se passionne pour l'étude du folklore irlandais et les sciences occultes.
La famille retourne une nouvelle fois à Londres en 1887, et Yeats rejoint à cette occasion la loge de la société de Théosophie. Il fait également la connaissance de Samuel Liddell qui l'introduit au sein de l'ordre de la Golden Dawn. (Il fera la connaissance de Aleister Crowley mais seront plus ennemis qu'amis). C'est vers cette époque alors qu'il prépare l'édition des poèmes de William Blake, qu'il compile des contes folkloriques et des légendes, que Yeats va faire plusieurs rencontres déterminantes, parmi lesquelles Maud Gonne, dont il tombe éperduemment amoureux. Il publie son premier recueil de poèmes The wandering of Oisin & Others Poems (Errances d'Oisin) en 1889.
Sous son influence et celle de ses amis, les années 1890 voient apparaître un véritable regain d'intérêt pour le folklore et les mythes celtes. En 1890, il demande Maud Gonne en mariage une première fois (demande qu'elle refuse, elle ne l'épousera jamais, malgré les demandes répétées de Yeats). Il quitte la société de théosophie.
Il effectue deux voyages à Paris, en 1894 et 1896, au cours desquels il fera la connaissance de Verlaine, de Villiers-de-l'île-Adam et de Synge (qui n'est pas encore connu en tant qu'auteur de théatre à ce moment là). Il demande Maud Gonne en mariage pour la deuxième fois. Il entame une courte liaison avec Olivia Shakespeare, fait la connaissance des soeurs Lissadell : Constance et Eva, qui allaient toutes les deux s'illustrer dans la lutte pour l'indépendance de l'Irlande. Yeats rejoint l'Irish Republican Brotherhood (I.R.B)
Il publie The Wind among the Reeds (Le vent parmi les roseaux) en 1899, et demande Maud Gonne en mariage une troisième fois. Il récidivera l'année en 1900, et quitte l'I.R.B.
1902 : sa pièce de théatre, Cathleen-Ni-Houlihan est jouée, avec Maud Gonne dans le rôle principal.
En 1903 cette dernière épouse John MacBride, que Yeats considérait comme "une brute et un ivrogne". (Leur mariage sera un échec et ils divorceront en 1905)
L'Abbey Theatre ouvre ses portes à la fin de l'année 1904, Yeats en est à la fois le co- directeur et le directeur de production. Plusieurs problèmes se poseront, notamment les tâches administratives et la difficulté d'écrire pour un public diversifié.
Il prend Ezra Pound, auteur qu'il admire particulièrement, comme secrétaire particulier en 1913. Ils se brouilleront trois ans plus tard, après que Pound ait publié des poèmes de Yeats en les modifiant à sa façons. Eclate l'insurrection irlandaise pendant la période de Pâques, en 1916. Cette révolte est un échec et la répression sanglante. Constance Lissadell, qui est devenue la comtesse Markiewicz est condamnée à la prison et John McBride est condamnée à mort.
L'année suivante, Yeats demande une dernière fois à Maud Gonne de l'épouser. Devant son refus, il demande en mariage la fille de cette dernière, Iseut Gonne, qui refuse également. Suite à ce refus, il épousera quelques temps après Georgie Hyde-Lees, âgée de 25 ans. Sa fille Anne naîtra en 1919 et son fils Michael en 1921.
Il sera nommé sénateur d'Irlande, puis obtiendra le prix Nobel en 1923. Vers cette époque, son état de santé commence à décliner et le contraint à séjourner dans le sud. Il séjourne à Algesiras, puis en Italie et surtout en Sicile. Il est brièvement intéressé par le mouvement des Chemises Bleues de Eoain O'Duffy avant de s'en détourner. Il séjourne à Menton, puis au Cap-Martin où il meurt, le 28 janvier 1939. Il est enterré à Roquebrune. En 1948, son corps est transféré au cimetière de Drumcliffe, dans le comté de Sligo, au pied du Ben Bulben. Sa tombe porte cet épitaphe :
Cast a cold eye
On life, on death.
Horseman, pass by !
11 février 2008
Les Catégories du Blog
Ces catégories sont succeptibles d'évoluer en cas de besoin.
Dernière modification le : 10 février 2008
A.B.C : Expliquer de manière simple, concise et compréhensible par tous des termes techniques utilisés en littérature.
About Blog : Tout ce qui a trait au blog, à ses caractéristiques, à l'état d'esprit de son auteur (mouahhahaha).
Auteurs : Une présentation succinte et claire de certains auteurs que j'apprécie.
Autres : Par voie de fait, tout ce qui ne rentre pas dans les autres catégories.
Biographie, Correspondance : Les ouvrages concernant ces deux domaines.
Contes & Féérie : Les ouvrages concernant ces deux domaines.
Editeurs & Librairies : Pour présenter et mettre en valeur le travail remarquable de certaines petites maisons d'édition, et des librairies indépendantes très agréable à fréquenter.
Expositions : Pour présenter certaines expositions ou poster le compte-rendu de visite dans des expositions qui m'auront marqué, dans le bon ou le mauvais sens.
Extraits : Des extraits de romans, nouvelles, poèmes que j'aurai envie de faire partager.
Fantasy : Des ouvrages relevant de ce domaine, quoique Fantasy soit un terme fourre-tout regroupant le fantastique et les diverses formes de fantasy. (je ne lis pas/ très peu de SF, mais... )
Intertextualité : Des remarques, des réflexions, des tissages entre des oeuvres.
Langues : Pour des articles concernant les langues elfiques, cornique, manx, gallois, gaélique, norrois, vieil anglais, vieux français...
Littérature Britannique : Rubrique destinée aux ouvrages écrits par des anglais, écossais, gallois...
Littérature Irlandaise
Littérature Jeunesse : Des ouvrages à priori destinés à un public plus jeune, bien que je ne sois pas toujours d'accord avec les critères de classement, mais j'y reviendrai.
Littérature Médiévale
Non Fictionnel : Concerne des ouvrages de sciences humaines, principalement. Ou des livres documentaires, à voir.
Nouvelles : Pour Présenter nouvelles ou recueil de nouvelles. Non, une nouvelle n'est pas un roman en miniature, ce n'est pas non plus un genre "au rabais".
Photographie
Poésie : Présentation de recueils de poèmes.
Roman : Pour tous les romans qui n'entrent pas dans les catégories pré-citées.
10 février 2008
Captatio Benevolentiae
Sous ce terme barbare (même si c'est du latin), se cache un procédé littéraire tout simple : prier le lecteur de faire preuve de bienveillance envers le texte qu'il est en train de lire.
C'est à la base une formule oratoire, utilisée en rhétorique.
En pratique, cela donne quoi ?
Je n'ai pas d'exemples concrets à donner, je sais que le début des Aventures de Charles de Dassoucy commencent par une captatio, (si ma mémoire est bonne) mais c'est tout. Souvent, cela donne "soit indulgent avec moi, ami lecteur" ou quelque chose dans ce style.
09 février 2008
Tag & Livres
Voici mes réponses au tag de Kathel. Ce que j'ai choisis de dévoiler concernera uniquement mes rapports aux livres, à la littérature, ce blog étant dévolu à ça.
Je ne tag personne, prend qui veut.
Principe du tag
- Indiquer le lien de la personne qui nous a taguée
- Indiquer le principe du tag
- Mentionner 6 choses sans importances sur soi
- Taguer 6 autres personnes en mettant un lien vers leurs blogs
- Prévenir ces personnes sur leur blog respectif
I - Si je n'accroche pas avec un livre, je ne le termine pas. Je n'ai jamais été partisane du "jusqu'au bout" qui va à l'encontre de la notion de plaisir que j'associe à la littérature. Je lis en général 1/5 ou 1/4 du livre, dans le but de vérifier si ce n'est pas simplement le début qui me rebute, et puis je repose sans états d'âmes. Quitte à y revenir quelques temps plus tard.
II - J'ai un rapport charnel avec mes livres. Ca n'est pas uniquement le contenu qui me fascine, mais aussi l'objet en tant que tel. Une belle couverture, un papier agréable, une police d'écriture attirante, une encre qui ne s'efface pas quand on passe ses doigts sur les pages, un format maniable, autant de critères déterminants.
III - Je déteste les éditions "France Loisirs", les fausses éditions "de luxe" prétentieuses au possible. Je n'aime pas non plus les librio.
IV - Je n'aime pas du tout la littérature sud-américaine, exception faite du livre "Mon bel oranger" de José Mauro de Vasconcelos. La littérature espagnol ne m'attire pas des masses non plus. La littérature britannique a, en revanche, définitivement conquis mon coeur.
V - Je n'achète pas à la FNAC. Ni dans les supermarchés. Par contre, j'achète volontiers en occasion : bouquiniste, brocante, ou plus rarement chez les particuliers sur Amazon (mais pas à Amazon même) quand je cherche un livre rare, épuisé ou qui doit être commandé aux USA.
VI - Ma bibliothèque est classé par genre :
- Théatre et poésie
- Livres en anglais
- Mythologies et contes
- Fantastique
- Science humaine
etc...
05 février 2008
Papa-Longues-Jambes, Jean Webster
Paru en 1915
Environ 170 pages (édition Folio Junior)
Résumé :
Au début du XX° siècle, aux Etats-Unis, Jerusha Abbott ne
connaît, à dix-sept ans que les murs du Foyer John Grier où elle a toujours vécu. Un soir, Mrs Lipett, la
directrice du foyer lui apprend qu'un donateur lui offre quatre années d'études
supérieures, à deux conditions : elle doit
lui écrire une lettre par mois, et elle ne doit jamais chercher à savoir qui il
est. N'ayant aperçu de ce monsieur que son ombre, elle le surnomme
affectueusement Papa-Longues-Jambes et lui écrit très souvent.
Mais qui se cache derrière Papa-Longues ? Et pourquoi a t’il voulu envoyé
Jerusha à l’université ?
***
Dix ans d'attente pour ces quelques heures de lecture ! J'ai découvert Papa-Longues-Jambes en sixième, en lisant un Je Bouquine, la fameuse section "un roman en BD", qui présente les premiers chapitres d'oeuvres majeures, tant pour la jeunesse que pour les plus vieux. (j'ai découvert Vipère au Poing de cette manière, ainsi que L'histoire d'Helen Keller). J'avais trouvé la trame tout à fait intéressante, et j'avais aussitôt eu envie de le lire, mais le CDI de mon collège ne l'avait pas. Une chose en entraîne une autre, à chaque fois que j'y pensais, je me disais "il faut absolument que je le lise", mais jamais quand j'étais à proximité d'une librairie ou d'une bibliothèque.
Et puis ca m'est revenu, brusquement. Un saut à la bibliothèque plus tard, une part de cheesecake dans une main, une tasse de thé à portée de la main, je me suis plongée dans ma lecture.
J'aurais dû le lire beaucoup plus tôt, il m'a vraiment enchanté. Le récit est simple, claire, bien écrit, le vocabulaire et les phrases sont riches sans être étouffantes et sans ralentir la lecture. Elles enrichissent la lecture en douceur. Le style épistolaire est superbement maîtrisé, amusant, léger mais non sans réflexion. Les thèmes abordés traversent les époques : les préoccupations, les joies et les soucis d'une jeune fille qui découvre le monde, bien que le personnage de Jerusha ait presque un siècle.
La fin est un peu attendue, mais la chute est très joliment ficellée, tout en finesse. Le personnage de Jerusha évolue avec les années, sa relation avec les autres et le contenu de ses lettres aussi. Bref, j'ai adoré. C'est à lire et à offrir, pour les jeunes filles comme pour les moins jeunes.
Il n'est pas sans m'évoquer Les 4 filles du Docteur March de Louisa May Alcott (que j'ai dans ma bibliothèque sous le titre Petites Bonnes Femmes, édition Rouge & Or de 1955)
25 janvier 2008
Kiosk (XXI)
Un après-midi de vide, et une affiche qui croise ma route. Quelque chose en relation avec les éditions de livre d'art, le graphisme et surtout, je n'ai pas à courir je-ne-sais-où (puisque la galerie est sur le campus de la fac) ni m'acquitter de frais d'entrée dément (l'exposition est gratuite).
Et comme je suis de toutes façons bloquée sur place... je me dit que tant qu'à faire, autant aller jeter un œil. Voilà pour les raisons de ma visite, c'est infiniment moins classe que de dire "on m'a recommandé cette expo" ou "je l'ai lu dans une revue tellement underground qu'elle n'a parut qu'une fois", mais c'est vrai.
Bon, alors, de quoi il s'agit au juste ? Je vais tâcher de faire correctement les choses pour une fois, et donc vous mettre la présentation officielle et sérieuse de l'expo "Kiosk".
Céoù ?
Université Rennes 2 Haute-Bretagne
M° Villejean
Galerie Art & Essai
KIOSK (XXI)
Modèles de multiplication
Edition artistique contemporaine
Créée par Christophe Keller, "Kiosk" est une archive comprenant plus de 6000 publications indépendantes dans les champs de l'art, du design et du design graphique contemporains. Cette collection itinérante évolue et s'enrichit constamment. Elle a été exposée à vingt reprises en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Son objectiif est d'offrir une vue globale des activités éditoriales indépendantes contemporaines afin de cerner différents modèles de reproduction et de diffusion dans le domaine artistique. L'exposition à Rennes constitue la dernière étape de la circulation de "Kiosk" avant que l'archive n'intègre la Kunstbibliothek (bibliothèque d'art) de Berlin.
En live, ca donne quoi ? Une présentation sympa : des rails métalliques contre le murs et au milieu, et puis, des centaines, des milliers de livres, classés par petits groupes et disposés sur les rails qui courent sur les murs. Les livres sont rangés comme dans une bibliothèque, parfois disposés comme chez le libraire, bref, on se croirait plus dans une librairie que dans une galerie d'art. On laisse son sac à l'entrée, et puis on regarde, on feuillette les ouvrages, on observe la diversité des provenances, indiquées par de petites étiquettes jaunes (Oslo, Bruxelles, Dublin, Paris, Genève, New York, etc, etc...).
Des livres, des livres partout. Des petits, des moyens, des grands, des souples, des rigides, tous plus accrocheurs les uns que les autres. Je me souviens d'un livre avec une couverture rose pâle, et dans un coin, la photo en NB d'un homme, photographié comme si c'était un détenu et portant la pancarte "Je suis coupable d'avoir provoqué un tremblement de terre en Californie, d'une échelle de 7.4 sur l'échelle de Richter".
Un autre livre blanc et à la couverture granuleuse intitulé Chaque jour est un roman comporte des pages blanches, avec une date en haut, et en tout en bas, un extrait d'un roman.
Je ne pense pas grand chose en matière d'art contemporain. Il y a des oeuvres que j'aime bien et beaucoup que je n'aime pas du tout. Il y a des choses qui me parlent et des qui ne me parlent pas. Mais dans l'ensemble, je trouve un peu fatiguant tout ce verbiage que l'on fait autour. D'un côté il y a les "mon-fils-de-cinq-ans-ferait-mieux." De l'autre "Nous-sommes-des-artistes-incompris-et-nous-avons-une-démarche- culturelle-tellement-importante."
Franchement, d'un côté comme de l'autre, je trouve ca gonflant.Ajouter à cela le périmètre crânien qui enfle de 5cm et les mots qui prennent 3 syllabes de plus dés qu'on en parle, ca finit par fatiguer le commun des mortels dont j'ai la faiblesse de faire partie.
Bref, pour finir simplement, une exposition avec des livres qu'on peut regarder, feuilleter, lire, palper autant qu'on veux, je comprend, en long, en large et en travers. Pas besoin d'avoir un Master 2 de communication. Et quand on a l'esprit claire, on est plus disposé à admirer et à savourer. M'enfin ce que j'en dis...
L'expo "Kiosk" à travers le monde (clic)
John Donne / Harry Potter, même combat ?
* Et encore une nouvelle section d'inaugurée, et pourtant, si on m'avait dit que j'en aurai besoin, j'aurais fait les gros yeux *
* sans spoilers de Harry Potter 7, tout le monde peut lire sans risque *
Je viens de finir Les Vagues, de Virginia Woolf, et la dernière phrase du livre me laisse perplexe. Enfin, plus exactement le parallèle dressé par Yourcenar (puisque je n'ai pas la traduction de Wasjbrot, que j'aimerais bien pouvoir lire un jour quand même).
" [...] c'est contre toi que je m'élance, ô Mort."
(page 286)
Là dessus, une petite note nous dit :
"Le récit s'achève avec la paraphrase d'un célèbre sonnet de John Donne (1571-1631), dans lequel la mort se trouve défiée :
"Et la mort ne sera plus : mort, c'est toi qui mourras."
Quel rapport avec Harry Potter ? Eh bien dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, à la page 354, on peut lire (c'est l'épitaphe d'une tombe particulière)
" Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort".
Donc, forcément, je me demande si cette épitaphe ne serait pas aussi une paraphrase du poème de Donne. Je brûle de vérifier ce que ca donne en V.O mais évidemment, mon exemplaire des Vagues en anglais est chez mon père. Idem pour tous les exemplaires amicaux de "Deathly Hallows". (Quelle tragédie -__-).
En jetant un oeil sur la version originale du poème de Donne, ca me fait aussi bigrement penser à du Dylan Thomas, le poème "And Death shall have no dominion". Et là, par contre, c'est très net.
- Le poème de Johne Donne "Death, Be Not Proud" en bilingue (angl-franç)
- Le poème de DylanThomas "And Death Shall Have No Dominion" en bilingue aussi
14 janvier 2008
Challenge 2008 - Number One
Ce premier challenge, trouvé ici, consiste à lire des livres dont le titre contient :
1) Le nom d'une couleur : La Couleur Pourpre, Alice Walker
2) Le nom d'un animal : Mon chien stupide, John Fante
3) Le nom d'une personne : L'histoire de Chicago May, Nuala O'Faolain LU
4) Un lieu : Les filles de Hallows Farm, Angela Huth
5) Un phénomène météorologique: Minuscules flocons de neige depuis dix minutes, David Calvo
6) Une plante : Grain de grenade, Edith Wharton
Je n'en ai lu aucun, et à par pour Nuala O'Faolain, (j'ai lu On s'est déjà vu quelque part ?), je n'ai jamais lu un seul de ces auteurs. On verra bien ce que ca donne, si je n'aime pas, je ferais comme d'habitude, je rendrai le livre à la bibliothèque et basta, mais plus le temps passe, et plus je suis en mesure de savoir ce que je vais aimer et ce qu'il vaut mieux éviter, ce qui n'est pas pour autant une constatation rassurante. (je m'engourdis peut-être dans mes choix, allez savoir).
07 janvier 2008
Compte les amandes - Zähle die Mandeln
Plutôt que de faire
découvrir Celan par son poème "Fugue de mort" (Todesfuge) j'ai
volontairement choisi un texte moins connu et moins déprimant. A titre
personnel, j'adore "Fugue de mort", et aussi "Chanson d'une Dame dans
l'ombre", mais j'avoue que voir associé les termes shoah-poésie-langue
allemande, ca plombe cash l'ambiance et ne donne pas envie à beaucoup
de monde d'aller jeter un oeil.
Pour ceux qui ont envie de le lire / de jeter un coup d'oeil, c'est ici.
Petit grognement personnel : pourquoi est-ce que, nom de dieu de putain de bordel de merde, j'ai passé 7 ans à apprendre l'allemand, et que durant ces 7 ans, j'ai eu l'occasion d'être dégoutée de Brecht, assommée par Goethe et éccoeurée d'avance quand je lis le mot "réunification" (die Wiedervereinigung, je m'en souviens encore, c'est tout dire...) mais qu'on n'a JAMAIS mentionné un auteur comme Celan ? Hein ? Remarquez, puisque j'en suis à étaler ma vie, j'en profite pour saluer d'un coup de chapeau la SEULE et UNIQUE prof qui nous a donné un horizon un poil de cul plus large de la littérature allemande, en nous faisant étudier Dürenmatt, Schlink ou encore Süskind (dans le texte). Madame Goimard, merci, grâce vous soit rendue.
Extrait du recueil Choix de poèmes par l'auteur, Paul Celan, Poésie Gallimard
Initialement publié dans le recueil Pavot et mémoire (Mohn und Gedächtnis)
Compte les amandes,
compte ce qui était amer et t'a tenu en éveil,
compte-moi au nombre de tout cela :
Je cherchais ton oeil quand tu l'as ouvert et que personne
ne te regardait,
j'ai tourné ce fil secret
sur lequel la rosée que tu pensais
a glissé en bas jusqu'aux cruches
que protège une formule qui n'a trouvé le coeur de per-
sonne.
C'est là-bas seulement que tu es entré tout entier dans le
nom qui est tien,
que tu as marché d'un pied sûr vers toi-même,
que les marteaux se sont balancés librement dans le bef-
froi de ton silence,
que le tout juste Entendu est soudain venu jusqu'à toi,
que le déjà-mort t'a aussi entouré de son bras,
et que vous êtes allés trois en un dans le soir.
Rends-moi amer,
Compte-moi au nombre des amandes.
*****
Zähle die Mandeln,
zähle, was bitter war und dich wachielt,
zähl mir dazu :
Ich suchte dein Aug, als du's aufschulgst und niemand dich
ansach,
ich spann jenen heimlich Faden,
an dem der Tau, den du dachtest,
hinunterglitt zu den Krügen,
die ein Spruch, der zu niemandes Herz fand, behütet.
Dort erst tratest du ganz in den Namen, der dein ist,
schrittest du sicheren Fußes zu dir,
schwangen die Hämmer frei im Glockenstuhl deines Schweingens,
stieß das Erlauschtte zu dir,
legte das Tote den Arm auch um dich,
und ih ginget selbdritt durch den Abend.
Mache mich bitter.
Zähle mich zu den Mandeln.


